Blogue du commissaire

 Official photo

Ce lieu se veut d’abord un espace d’échanges, d’interactions et de discussions. Nous encourageons donc le partage d’arguments et de points de vue divergents, sans toutefois qu’une forme d’échange privé s’installe entre deux participants. Veuillez prendre connaissance des conditions d’utilisation avant de participer au blogue.

François Boileau
Commissaire aux services en français

Retour sur le GREF (suite et fin)

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’être conférencier à l’occasion du Grand rassemblement de l’éducation en français (GREF), un congrès national qui rassemble en un seul lieu des enseignantes et enseignants, des éducatrices et éducateurs ainsi que des gestionnaires scolaires d’un coin à l’autre du Canada.

Le thème de l’atelier auquel je participais lors du congrès du GREF était “L’éducation en langue française, point d’appui de la francophonie comme levier politique sur la scène régionale, nationale et mondiale ». Évidemment, je ne puis qu’être d’accord avec cet énoncé. Il y a deux ans, nous fêtions le centième anniversaire du fameux Règlement 17 qui interdisait l’enseignement du français dans les écoles de la province de l’Ontario. On peut utiliser le mot fêter, puisque de ce fait très important dans l’histoire de notre pays, qui a eu des retombées politiques non négligeables, les Canadiens français de l’Ontario ont appris à se mobiliser, à se doter d’instruments d’information publique (comme le journal Le Droit) et autres regroupements, comme l’ACFÉO devenu l’ACFO puis l’AFO. Nous n’avons qu’à penser à toutes les crises scolaires en Ontario (Penetanguishene, Cornwall, Sturgeon Falls pour ne nommer que celles-là) pour nous remémorer à quel point l’éducation est non seulement un levier politique, c’est politique. Même la crise de l’Hôpital Montfort a des liens importants avec l’éducation, puisqu’il était aussi question de formation des nouveaux médecins, en français. Et maintenant, cet hôpital a acquis le statut d’hôpital universitaire. De fait, il serait facile de prétendre que la francophonie ontarienne a bien souvent fait de grands pas en avant, suite à des crises politiques, crises liées au domaine de l’éducation, dans la plupart des cas.

Or, sommes-nous en crise aujourd’hui? Je me demande si nous ne traversons pas une autre crise latente, tranquille. Bien entendu, nous jouissons de nouvelles institutions chèrement acquises, notamment dans le domaine de l’éducation. Que ce soit nos collèges ou nos conseils scolaires, ils sont encore très jeunes. Nous avons la chance d’influer directement, via notamment ces institutions, le cours de l’histoire de la francophonie ontarienne. Mais ces institutions ne peuvent répondre à tous les défis du moment seuls. Et ces défis sont particulièrement nombreux. Que ce soit la dénatalité, la question identitaire, la démographie changeante, le français entendu à l’école (en dehors des classes), les services spécialisés, l’acquisition de nouvelles écoles (surtout dans le Centre Sud-Ouest) et bien entendu le manque de programmes en français au niveau postsecondaire. Il ne s’agit pas là d’une liste exhaustive de défis, loin s’en faut.

Et c’est justement le point que je voulais faire. Peut-être serait-il temps de se donner un moment pour revoir tous ensembles l’ensemble de ces défis, du moins une bonne partie, et de se doter d’un plan d’action commun, avec des échéanciers précis et des responsabilités attitrés à ceux et celles qui doivent agir, en décloisonnement et dans l’intérêt de l’avenir de la communauté franco-ontarienne. Qui plus est – et je sais que je vais susciter une certaine controverse -, je crois qu’il est temps que nous ayons aussi une discussion avec nos partenaires et alliés naturels que sont les écoles d’immersion. Avec tous ces parents qui ne veulent que le bien-être de leurs enfants – et qui enrichissent la société ontarienne – en envoyant leurs enfants dans des écoles d’immersion, nous devons nous questionner lorsque ceux-ci indiquent qu’ils se sentent souvent, par leur propre conseil scolaire, comme des citoyens de deuxième classe et ce, au Canada, un pays où l’on partage pourtant deux langues officielles.

Nous avons donc des occasions à saisir. L’Ontario a déjà fait de grands pas en adoptant une définition inclusive de francophonie (DIF). Près de un francophone sur deux dans la grande région de Toronto n’est pas né au pays. Cela pose des enjeux importants et de taille, notamment en éducation. Le monde devient de plus en plus petit. Nous sommes 220 millions de locuteurs de langue française dans le monde. En 2050, nous serons 880 millions* et 80% de ces francophones se trouveront sur le continent africain. Il serait effectivement grand temps que l’Ontario français y prenne sa place, pour s’assurer de mettre le plus de chance du côté de l’enrichissement collectif de la société ontarienne. Soit dit en passant, je salue nos collèges qui commencent à être présent sur le continent africain. C’est certes motivant pour le personnel, mais cela apportera, j’en suis convaincu, de très grandes retombées pour l’Ontario, non seulement financières, mais aussi sociétales.

Je crois donc le moment opportun de se questionner, notamment au moyen d’états généraux ou autres mécanismes de consultation, menés cette fois-ci par le gouvernement ou en partenariat étroit avec ce dernier. L’exemple vient du RÉFO, de la FESFO et de l’AFO qui ont mis en place des états généraux sur le postsecondaire en français en Ontario et qui connaît un grand succès. Je me promets d’y réfléchir davantage et d’y revenir à un autre moment.

*Ce lien réfère à un article disponible en anglais seulement.

Grand rassemblement de l’éducation en français: Retour sur la conférence

La semaine dernière, j’ai eu le plaisir d’être conférencier à l’occasion du Grand rassemblement de l’éducation en français (GREF), un congrès national qui rassemble en un seul lieu des enseignantes et enseignants, des éducatrices et éducateurs ainsi que des gestionnaires scolaires d’un coin à l’autre du Canada. J’aborderai bientôt le sujet de ma conférence, mais le présent billet de blogue est proposé par notre blogueuse invitée, Alison Stewart. Alison est l’une de nos trois chefs de projets, Enquêtes – Liaison communautaire, et elle a également participé au congrès.

J’ai eu le plaisir d’être l’une des 650 personnes présentes au 3congrès du GREF, lequel s’est avéré sur tous les plans un événement de trois jours incroyablement bien mené, fruit d’une collaboration sans précédent entre les organismes communautaires, les conseils scolaires et le gouvernement provincial. Ce qui suit n’est qu’un résumé des principaux enseignements que j’ai tirés d’un programme fort chargé.

Si l’éducation en langue française au Canada se trouve en situation de minorité, on aurait du mal à y croire en se fondant uniquement sur le taux de participation au congrès et sur le haut calibre des conférencières et conférenciers, des gens de grande renommée du gouvernement canadien et du secteur de l’éducation en langue française. On retrouvait, parmi les conférenciers, l’honorableLiz Sandals, ministre de l’Éducation, l’honorable Madeleine Meilleur, qui entre autres réalisations professionnelles est la deuxième femme et selon la ministre, la deuxième francophone à occuper les prestigieuses fonctions de procureure générale de l’Ontario, la sous-ministre adjointe du ministère de la Formation et des Collèges et Universités,Janine Griffore, ainsi quela très honorable Michaëlle Jean, actuellement chancelière de l’Université d’Ottawa.

Patrick Bourbonnais, le directeur artistique du MIFO, a assuré de manière exceptionnelle le rôle d’animateur tout au long du congrès. Il mérite toutes nos félicitations pour son enthousiasme, son engagement et son humour.

Sous le thème La francophonie canadienne : un levier puissant, le point de mire du congrès portait sur les défis que doivent relever les institutions et les professionnels du secteur de l’éducation en langue française et sur le rôle important de l’éducation pour assurer la vitalité culturelle et la stabilité économique de nos collectivités. L’un des plus grands défis que doivent surmonter les communautés francophones est la question de l’identité qui se caractérise par la tendance croissante de la population étudiante à considérer sa langue française comme étant « la langue de travail ». De plus en plus, les étudiantes et étudiants francophones sont issus de familles exogames et luttent pour leur identité : Franco-Ontarienne ou Franco-Ontarien? Acadienne ou Acadien? Bilingue? Immigrante ou immigrant francophone? Alexis Couture, président de la Fédération de la jeunesse canadienne-française (FJCF), a justement abordé ce sujet avec passion et à partir de son expérience personnelle, et il a reçu une ovation bien méritée pour son discours particulièrement émouvant.

Pour contribuer à relever le défi de la construction identitaire, Lise Paiment a animé un magnifique atelier portant sur sa philosophie et son approche pédagogique qui font l’objet de son ouvrage récemment publié sous le titre Une goutte d’eau à la fois. Son énergie et son enthousiasme sont contagieux, et si sa philosophie et son modèle pédagogique étaient adoptés par l’ensemble des professionnels du secteur de l’éducation, la question de l’identité ne constituerait plus pour les éducatrices et éducateurs en langue française un sujet de préoccupation.

Enfin, après avoir passé deux jours dans le giron de 650 professionnels francophones du secteur de l’éducation, je sais pertinemment pourquoi les établissements de langue française produisent les meilleures étudiantes et les meilleurs étudiants du Canada.

Nous tenons à exprimer toutes nos félicitations aux organisatrices et organisateurs ainsi qu’aux conférencières et conférenciers pour la tenue d’un congrès si engageant et réussi!

 

Journée de réflexion sur l’immigration francophone au Congrès de Metropolis 2014

Le 16e congrès annuel de Metropolis s’est tenu en mars dernier à Gatineau sous le thème : Partenaires pour la réussite: faciliter l’intégration et l’inclusion. Ce forum réunit chaque année chercheurs, décideurs politiques, représentants gouvernementaux et des communautés et d’organismes d’établissement pour échanger et partager les conclusions des dernières recherches, expériences et pratiques exemplaires dans le domaine de l’immigration et de l’établissement.

Un des ateliers de cette journée de réflexion sur l’immigration francophone portait notamment sur comment les communautés d’accueil composent avec l’immigration et la diversité ou encore comment les francophones issus de l’immigration devraient-ils être définis. D’ailleurs, il était intéressant de noter que certaines institutions fédérales ont publiquement soulevé les défis posés par l’absence d’une définition commune parfois au sein même d’un seul ministère. Une situation qui affecte notamment les données colligées sur le nombre des francophones admis au pays.

L’Ontario peut se targuer d’être la seule province au Canada à disposer d’une définition inclusive de francophone depuis 2009 et qui s’applique à l’ensemble des ministères et organismes gouvernementaux. Une définition qui permet aux nouveaux arrivants de vivre pleinement la francophonie de l’Ontario et qui reconnaît l’importance de leur apport incontournable à cette communauté.

Je me réjouis, donc, que le débat s’amorce et espère que le rôle précurseur du gouvernement de l’Ontario fasse boule de neige dans d’autres provinces et auprès du gouvernement fédéral en ce qui concerne cette question. À suivre, donc!

Les 5 rôles du Commissaria: 5 attitudes à cultiver

À titre d’institution francophone au sein de l’Assemblée législative, le Commissariat occupe plusieurs rôles bien précis. Bien qu’indépendant, le Commissariat compte aussi largement sur la communauté franco-ontarienne pour se pencher  sur les meilleures façons d’obtenir des services de qualité.  Dans ce billet, je fais rappel des différentes facettes du Commissariat et comment les citoyens peuvent participer activement à la demande des services publics en français pour assurer le développement de la communauté.

Le Commissariat en tant qu’institution

Le Commissariat contribue à la vitalité et la pérennité de la communauté francophone. Il assure la protection des droits de minorités face au pouvoir de la majorité en offrant une garantie de protection des droits linguistiques existants. Il est de mon ressort d’exhorter les ministères et organismes gouvernementaux à concevoir, de façon proactive des politiques et des programmes adaptés aux francophones grâce aux pouvoirs d’enquête et de recommandation.

Souvenez-vous que le Commissariat est votre institution. Il est du ressort de tous les francophones et francophiles de le faire connaître!

Le Commissariat en tant qu’ombudsman linguistique

Le Commissariat assure l’imputabilité du gouvernement envers ses citoyens. Il contribue à améliorer l’efficacité de l’administration publique et l’accès à des services de qualité pour les citoyens. Il fait partie intégrante de l’exercice de la démocratie en assurant le respect de la lettre et de l’esprit de la Loi. Ainsi, le Commissariat sert de pont entre l’administration publique responsable de la prestation des services et le citoyen qui en fait la demande.

Pour ce faire, demandez vos services en français!

Le Commissariat en tant que médiateur

En agissant avec impartialité et égalité, le Commissariat invite les parties prenantes à participer activement  l’élaboration de solutions pratiques. Les plaintes sont ainsi considérées comme des mécanismes de contrôle de qualité qui créent des occasions d’apporter des améliorations. Ce travail est fait en collaboration avec les ministères, institutions et organismes afin de résoudre les problèmes au niveau  local de façon rapide, directe et efficace.

Faites partie de la solution : si vous n’obtenez pas vos services en français, portez plainte au Commissariat!

Le Commissariat en tant que motivateur

Être francophone en milieu minoritaire nécessite des efforts constants d’affirmation. Pour une institution gouvernementale aux prises avec des pressions fiscales, offrir des services qui ne semblent pas utilisés nécessite un rappel de leurs obligations et du pourquoi est-ce si important d’offrir des services en français. Dans ce contexte, il est primordial d’encourager la création de l’offre pour soutenir la demande.

Persévérez dans vos demandes de services en français, en vous rappelant que les changements systémiques exigent souvent du temps.

Le Commissariat est partenaire du développement communautaire

Le Commissariat fait la promotion de l’usage du français dans toutes les régions de l’Ontario à travers ses nombreuses rencontres et tournées. Grâce à l’aide des citoyens et des groupes communautaires, il identifie les problèmes de nature systémique qui doivent être corrigés. Le Commissariat contribue ainsi à l’engagement social par la création de liens positifs entre les gouvernés et les gouvernants pour finalement contribuer à l’élargissement de l’espace francophone.

Jouez un rôle actif dans les organisations qui œuvrent au bien-être et à l’épanouissement de la communauté!

La communauté franco-ontarienne participe de plain-pied dans toutes les sphères d’activité humaine en Ontario, que ce soit en éducation, en santé, en tourisme, en arts et culture, en médias communautaires, etc. Il est primordial que cette population ait accès à des services de qualité, peu importe les moyens qui lui sont proposés.  Le dicton qui dit que l’on n’est jamais mieux servi que par soi-même s’applique plus que jamais lorsque l’on parle des meilleures façons d’obtenir des services en français de qualité!

Pourquoi une Loi sur les services en français?

Il est bien connu que l’un des facteurs important pour enrayer l’assimilation demeure la reconnaissance publique et formelle de la langue. La Loi sur les services en français a fait en sorte que le français devienne une langue publique et non plus une langue privée. Cette loi linguistique a fait en sorte qu’il est normal de parler et de vivre en français en Ontario, et, plus encore, qu’il est souhaitable de le faire pour l’enrichissement de l’ensemble de la société ontarienne.

Parlé par plus de 220 millions de locuteurs à travers le monde répartis dans 75 états et gouvernements membres de l’Organisation internationale de la Francophonie, le français est encore et toujours une langue d’attraction. Sur le continent américain, le français est parlé par quelque huit millions de personnes, dont un peu moins d’un million de Canadiens hors-Québec.

Une loi sur les services en français c’est non seulement un appel au respect de notre histoire collective, c’est aussi une affirmation solennelle d’une vision d’avenir. En 2015, l’Ontario fêtera l’Ontario fêtera 400 ans de présence francophone sur son territoire. Cet héritage francophone fait partie de notre passé, tout comme la présence ancestrale des Premières nations, des Inuit et des Métis. Le Canada a été fondé sur le respect de ce riche passé et sur la promesse que ce pays inviterait les gens du monde entier à venir s’installer chez nous, au sein de deux grandes sociétés d’accueil, où sont parlées deux grandes langues internationales, l’anglais et le français.

Les droits accordés par la Loi ne sont pas une négociation ni une monnaie d’échange, mais plutôt une reconnaissance législative et politique de la richesse du patrimoine Franco-ontarien et de la participation active de cette population à l’enrichissement de la province. Et cette loi est un rappel historique et un pari sur l’avenir d’une communauté qui en a encore long à dire, malgré la pression de la majorité linguistique et les effets de la mondialisation.

Une première francophone nommée procureure générale

Le gouvernement de l’Ontario a annoncé hier d’importants changements au sein du Conseil des ministres de l’Ontario. Je tenais absolument à publier un billet sur mon blogue pour féliciter la ministre Meilleur qui, en plus de continuer à exercer ses fonctions de ministre déléguée aux Affaires francophones, devient la première procureure générale de l’Ontario d’origine francophone. Cette nomination couronne un cheminement professionnel riche en retombées positives. Au fil de sa fructueuse carrière, Madame Meilleur a notamment contribué à la mise sur pied du Commissariat aux services en français en Ontario, institution franco-ontarienne siégeant aujourd’hui au sein même du Parlement.

La première ministre Kathleen Wynne a aussi octroyé de nouvelles responsabilités à John Gerretsen en le nommant à la présidence du Conseil des ministres. L’honorable John Gerretsen a travaillé sur plusieurs dossiers qui ont mené à des progrès significatifs en matière d’accès à la justice en français en Ontario. Il a entre autres appuyé inconditionnellement la réalisation des recommandations du rapport du Comité consultatif de la magistrature et du barreau sur les services en français intitulé Accès à la justice en français. Rappelons qu’une fois mises en œuvre, ces recommandations allègeront considérablement le fardeau additionnel avec lequel doivent souvent composer les justiciables francophones.  Monsieur Gerretsen a toujours reconnu la dualité linguistique comme un atout pour l’ensemble de la société ontarienne et, en sa qualité de francophile, a été et demeure un allié dans l’épanouissement de la francophonie en Ontario.

Toutes mes félicitations à Madame Meilleur et à Monsieur Gerretsen pour ces brillants accomplissements.

Conférence de l’Association internationale des commissaires linguistiques

Cette semaine, j’ai participé à la première conférence annuelle de l’Association internationale des commissaires linguistiques à Barcelone, en Espagne. Les ombudsmans linguistiques de plusieurs pays dans le monde se sont rencontrés de nouveau afin; partager leurs expériences, leurs points de vue et tisser des liens entre les commissariats linguistiques

Parmi les délégués, il y avait notamment Graham Fraser, commissaire aux langues officielles du Canada ; Katherine d’Entremont, commissaire aux langues officielles du Nouveau-Brunswick; Sandra Inutiq, commissaire aux langues officielles du Nunavut ; Rafael Ribó, Ombudsman de la Catalogne , Seán Ó Cuirreáin, commissaire aux langues officielles de l’Irlande ; Mxolisi Zwane, chef de la direction de la Commission linguistique pan-sud-africaine ; Meri Huws, commissaire à la langue galloise, Slavisa Mladenovic, commissaire aux langues du Kosovo et Nimal Ranawaka, Président de la Commission des langues officielles du Sri Lanka.

Sous le thème de la protection des droits linguistiques, cette conférence a été l’occasion d’aborder diverses questions, dont les droits linguistiques et les défis à relever à l’ère de la mondialisation, de même que l’incidence de l’enseignement dans la langue de la minorité sur le maintien et l’essor des langues minoritaires. De plus, cette rencontre de haut-niveau est un exercice important pour faciliter le partage d’information et offre des opportunités d’apprentissage mutuel sans précédent entre commissaire linguistiques qui ont tous comme objectif de promouvoir, soutenir et défendre les droits, l’égalité et la diversité linguistiques.

À titre de membre fondateur, j’ai été invité au lancement officiel de l’Association au cours duquel on m’a demandé de présenter une conférence au sein du Parlement de Catalogne lors d’un panel portant sur l’impact et les résultats des rapports d’enquêtes. C’était une excellente occasion pour moi de souligner l’importance d’utiliser les pouvoirs d’enquête et de recommandation qui me sont conféré par la Loi sur les services en français afin d’améliorer la qualité et la disponibilité des services en français offerts par le gouvernement de l’Ontario.

Ma participation  à cette conférence m’a permis de partager les résultats de notre rapport d’enquête sur le dépliant unilingue anglais sur la grippe H1N1. C’était l’occasion de se pencher sur le travail du Commissariat dans le domaine de la santé. Par ailleurs, cette présentation m’a permis de parler de la mise-en-œuvre de ma recommandation concernant l’adoption d’une directive obligatoire sur les communications en français au sein du gouvernement de l’Ontario.

Bon dia!

L’AICL a été créée en mai dernier, à Dublin, en Irlande. Sa mission consiste à soutenir et à défendre les droits, l’égalité et la diversité linguistiques à travers le monde, et à aider les commissaires aux langues à travailler selon les normes professionnelles les plus rigoureuses. La prochaine conférence de l’AICL se déroulera à Ottawa (Canada), au printemps 2015.

Bonne journée internationale de la Francophonie!

Les francophones du monde entier s’unissent aujourd’hui afin de célébrer la langue française. La présence francophone en Ontario fêtera bientôt son 400e anniversaire, témoignage d’une incroyable contribution culturelle, sociale et économique  dans la province. Une communauté n’est pas un simple regroupement d’individus – c’est un ensemble de personnes qui épousent des origines et un héritage communs. Au cœur de l’identité culturelle des Franco-Ontariens, un groupe parfois d’apparence fragmenté, se trouve la langue française. Celle-ci est le fil conducteur qui unit les francophones au travers la province et aussi le pays.

Pour la plupart des francophones de l’Ontario, vivre en français au quotidien est un choix personnel et une affaire de cœur. Les francophones ont tous les jours l’occasion de mesurer avec quelle vitalité cette langue joue un rôle essentiel dans les rapprochements entre les différentes communautés culturelles. Adopter cette langue pour le travail, les études ou la vie familiale est une richesse pour cette province.

L’identité franco-ontarienne est un précieux avoir de cultures, de souvenirs et d’espoirs. Elle s’est même dotée d’un symbole d’affirmation culturelle avec son propre drapeau arborant le lys et le trille. On a de quoi être fier!

En cette journée de la francophonie, je tiens à célébrer les francophones et francophiles d’origine ontarienne et ceux qui ont adopté cette province comme lieu d’accueil.

Charmer les touristes francophones vers l’Ontario

Direction Ontario a lancé une nouvelle initiative afin d’accroître le nombre de visiteurs francophones. L’organisme responsable de développer et de promouvoir l’Ontario pour les francophones a lancé un  programme de webinaire intitulé Bienvenue en Ontario. Cette formation en ligne destinée au personnel de première ligne et de marketing leur offrira des conseils sur la façon d’améliorer le service aux visiteurs francophones.  De plus, une trousse d’outils sera offerte aux participants au programme comme ressource pratique à consulter  après la formation.

Je salue cette initiative qui permettra aux visiteurs francophones de vivre une expérience mémorable lors de leur passage dans cette destination exceptionnelle qu’est l’Ontario.

Direction Ontario a été fondé en 2001 à Kapuskasing et est le chef de file touristique francophone de l’Ontario. Ses études et ses activités de développement et de commercialisation ont beaucoup contribué à la mise en valeur du produit ontarien et à l’augmentation du nombre de visiteurs francophones en Ontario.

Portez plainte!

On me demande souvent pour quelle raison on devrait porter plainte au Commissariat. La réponse est fort simple : en Ontario, la population francophone a le droit d’être servie en français par les administrations centrales des institutions et organismes gouvernementaux, ainsi que dans les régions désignées. Une plainte est le mécanisme de rétroaction direct par lequel le citoyen indique son mécontentement ou ses inquiétudes au sujet d’un manquement de services en français ou d’une insuffisance de qualité de ces derniers. Si vous ne nous le dites pas, nous ne pouvons pas savoir s’il y a des manquements et nous ratons des occasions d’améliorer la prestation des services en français.

À titre de commissaire, je suis chargé d’entreprendre des enquêtes et de préparer des rapports suite à des plaintes du public ou selon ma propre initiative. Ainsi, lorsque vous jugez que votre droit d’être servi en français en vertu de la Loi sur les services en français par les organismes gouvernementaux n’a pas été respecté, vous pouvez porter plainte.

Il est important de noter que toutes les plaintes sont traitées de façon strictement confidentielle. De plus, afin de traiter le plus efficacement cette plainte, il nous faut le plus d’information possible concernant le manquement, p. ex. les noms et titres des personnes avec qui vous avez été en contact dans cet organisme gouvernemental, un relevé de la dates et de l’heure de l’incident et l’adresse d’organisme.

Il existe plusieurs moyens de déposer une plainte : en personne, par écrit, par téléphone, par télécopieur, par courriel, en ligne, même par l’entremise d’une tierce partie. N’hésitez pas à nous faire part des signalements concernant des services inexistants ou qui ne répondent pas bien aux besoins de la population francophone. C’est en nous faisant part d’un manquement que l’on peut assurer le respect de vos droits linguistiques et entamer un dialogue afin de trouver des solutions pour une meilleure prestation des services en français en Ontario.